The Project Gutenberg EBook of Paternit, by Max du Veuzit

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.net


Title: Paternit

Author: Max du Veuzit

Release Date: December 25, 2008 [EBook #27626]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PATERNIT ***




Produced by Daniel Fromont









[Transcriber's note: Max du Veuzit (pseudonyme d'Alphonsine
Vavasseur-Acher Mme Franois Simonet) (1876-1952), Paternit (1912)]





Max du VEUZIT



PATERNITE



COMEDIE EN UN ACTE



Reprsente pour la premire fois au GRAND THEATRE DU HAVRE





PARIS

C. JOUBERT, Editeur, 25 rue d'Hauteville



Rpertoire de la Socit Dramatique

Tous droits de traduction,de reproduction et de reprsentation rservs
pour tous pays y compris la Sude, la Norvge et le Danemark

Copyright By. Joubert 1912.





Extraits de presse :



"...L'auteur vise aussi une autre thse--et cette ide est haute et
noble en soi par sa justice et sa gnrosit. Elle dfend ardemment la
cause qui veut que les enfants soient moins troitement lis par les
liens du sang que par ceux qu'ont forms entre eux et leurs ducateurs,
les tmoignages rpts d'affectueuse confiance et de tendresse
prouve.

Cette pice n'est pas sans valeur. Une me fminine y flotte, dlicate
et sensible. Elle y a mis le meilleur de son sentiment mu." (Albert
HERRENSCHMIDT, Petit Havre)



"...Max du Veuzit ainsi qu'il l'avait dj fait dans C'est la loi!...
met la loi en contradiction avec les sentiments et les situations de
tous les jours." (Georges RIMAY, Cloche illustre)







Paternit



Pice en un acte





PERSONNAGES:



LUCIENNE VILLERS... 16 ans.

JULIA...

MAURICE VILLERS, pre de Lucienne... 48 ans.

PAUL ROMAGNY, beau-pre de Lucienne... 45 ans.





La scne reprsente un salon de gens riches: fauteuils, guridon,
bureau; au premier plan,  gauche, un canap. Porte  droite; double
porte au fond. Beaucoup de fleurs partout. Un grand portrait de femme
au mur. Sur le guridon, un crin vide; sur le bureau un encrier. Au
lever du rideau, Lucienne brode silencieusement, assise sur le canap,
sa corbeille  ouvrage auprs d'elle.



SCENE PREMIERE



LUCIENNE, JULIA



JULIA, entrant, un bouquet de roses rouges dans les bras.

Mademoiselle doit tre contente. Ce ne sont pas les fleurs qui lui
manquent! Depuis le matin, il en arrive  chaque instant.



LUCIENNE, cessant de broder

On en a encore apport?



JULIA

A la minute, ce gros bouquet!



LUCIENNE, se levant

Oh, mais il est joli! Qui l'envoie?



JULIA

C'est une commissionnaire qui me l'a remis... Il y a une carte.



LUCIENNE

Ah!... voyons... (elle cherche dans les fleurs). Voici. (lisant)
Monsieur Fernand Desmoulins. (joyeuse) Oh!



JULIA

Monsieur Desmoulins ne pouvait pas oublier mademoiselle.



LUCIENNE

Naturellement... un ami d'enfance! (prenant le bouquet). Elles sont
jolies ces fleurs.



JULIA

Des roses rouges, c'est significatif!



LUCIENNE

Significatif?



JULIA

Dame!... le langage des fleurs...



LUCIENNE

Tu connais a, toi?



JULIA

Un peu.



LUCIENNE

Alors... des roses rouges... a veut dire?



JULIA

Que mademoiselle me pardonne... a veut dire: violent amour.



LUCIENNE

Bah! (elle rit) ah! ah!... quelle ide! (rendant les fleurs   Julia).
Tiens, mets ces fleurs dans l'eau.



JULIA

Bien (elle va  la porte. Se retournant). Faut-il les laisser aussi
dans le salon, celles-l?



LUCIENNE

Non, non!... Porte-les dans ma chambre.



JULIA, riant

Ah! ah! Mademoiselle voit bien.

(Elle se sauve).



SCENE II



LUCIENNE, puis PAUL ROMAGNY



LUCIENNE

Quelle sotte! Elle s'imagine... Il est vrai qu'il n'est pas mari,
monsieur Fernand... et trs joli garon!... On jouait au petit mari et
 la petite femme autrefois! (Elle sourit, prend la carte et
l'examine). J'aimerais m'appeler madame Fernand Desmoulins... a
m'irait trs bien ce nom-l!...

Oui, mais voil: je suis jeune... trop jeune! Ses parents ne voudraient
pas... Bah! attendons!



ROMAGNY, entrant

Eh bien, fillette, es-tu contente?



LUCIENNE

Si je suis contente! (lui sautant au cou) Oh, papa, comme tu es gentil!



ROMAGNY

Alors, mon cadeau t'a fait plaisir?



LUCIENNE

Mais beaucoup, beaucoup!... Quand j'ai ouvert l'crin, j'ai pouss un
cri de joie... Tiens, vois... (elle montre un bracelet autour de son
bras) Je l'ai mis tout de suite... (gravement) pour aujourd'hui
seulement... Je sais bien, nous sommes en deuil (elle regarde le
portrait) Pauvre maman!... (un temps).

Mais j'tais si heureuse, j'ai voulu l'essayer. Il est joli, hein? Il
fait trs bien... C'est le premier bijou srieux que tu me donnes... Il
faut que je t'embrasse encore. (elle l'embrasse) Mon papa chri!



ROMAGNY, rendant le baiser

Ma petite fille! (il s'asseoit sur le canap).



LUCIENNE

Maintenant, je vais le retirer et le serrer prcieusement avec les
bijoux de maman... dans son coffret (elle dfait le bracelet et le
serre dans l'crin).

J'ai dj beaucoup de choses, tu sais! Vous m'avez toujours trs gte,
tous les deux.



ROMAGNY, tristement

Elle t'aimait tant ta pauvre maman!



LUCIENNE, mue

Oui, elle m'aimait... elle tait si bonne et si douce! (aprs un
silence trs triste, elle se penche vers Romagny). Il ne faut pas
pleurer, papa... sois moins triste... surtout aujourd'hui... (un
temps). Voyons, fais risette  ta petite Lucienne... une grosse
risette... (Romagny sourit) L!... Oh! mon papa chri, comme je t'aime!
(clinement) Tu m'aimes bien aussi, toi, dis?



ROMAGNY

Mais, oui, je t'aime, ma fillette... Et pourtant!...



LUCIENNE

Comment, tu m'aimes et pourtant! il faut m'aimer tout court, moi!...
vilain papa qui dit des choses... (elle l'examine et change de voix
brusquement). Mais qu'est-ce que tu as?... Pourquoi me regardes-tu
ainsi? Qu'est-ce qu'il y a?



ROMAGNY

Rien.



LUCIENNE

Mais si... je vois bien, je te connais tant! Tu es soucieux?



ROMAGNY

Eh bien, oui!... J'ai des ennuis.



LUCIENNE

Tu as des ennuis!... dans tes affaires!...



ROMAGNY

Non, malheureusement... Si c'tait une perte d'argent, je ne me
tracasserais pas tant[.]



LUCIENNE

C'est autre chose de plus pnible?



ROMAGNY

Oui... C'est  cause de toi.



LUCIENNE

De moi! Comment cela? (Elle s'asseoit auprs de lui).



ROMAGNY

Maurice Villers m'a crit ce matin.



LUCIENNE

Mon pre?



ROMAGNY

Oui, ton pre.



LUCIENNE

Qu'est-ce qu'il veut?



ROMAGNY

Il dit que maintenant, ta mre tant morte, il tient  t'avoir auprs
de lui.



LUCIENNE

Ce n'est pas possible!



ROMAGNY

Si, malheureusement.



LUCIENNE

Mais alors, toi, papa?



ROMAGNY

Moi, je ne suis que ton beau-pre, le second mari de ta mre aprs son
divorce avec Maurice Villers... Et voil bien ce qui me tracasse: je
t'ai leve, aime, vue grandir; j'ai vcu de ta vie depuis treize
ans!... et aujourd'hui, je ne suis rien... L'autre peut t'enlever  moi
quand il voudra.



LUCIENNE

Comment? Il peut! Il a le droit!



ROMAGNY

Il est ton pre, ton vrai pre, il a la loi pour lui... les enfants
appartiennent au pre.



LUCIENNE

Pourtant lorsque maman vivait?



ROMAGNY

Il n'usait pas de ses droits... par dlicatesse envers ta mre,
dit-il... peut-tre aussi parce qu'il tait toujours absent de Paris.
Je ne crois pas d'ailleurs qu'il et pu se charger de ton ducation...
Il n'est pas riche!... De mauvaises spculations... un caractre un peu
lger, volage... des gots trop dispendieux... Enfin, il s'est ruin
trs jeune.



LUCIENNE

Et j'aurais t une lourde charge pour lui jusqu'ici?



ROMAGNY

Oui, je crois.



LUCIENNE, se levant brusquement

Ah, je devine! Il t'a laiss le soin de mon entretien, de mon ducation
et maintenant que je suis leve, que tu as pay tous les frais, il
vient te dire: rendez-moi ma fille!



ROMAGNY

Je n'ai pas dit...



LUCIENNE

J'ai compris, va!



ROMAGNY

Non, vraiment, je ne puis croire... d'un pre...



LUCIENNE

Comment expliquer autrement son silence jusqu' ce jour? (Un temps.
Changeant de ton) Il veut me reprendre! oh! cela ne sera pas! Il faut
lutter, me refuser  lui... Il ne faut pas que tu consentes.



ROMAGNY

S'il veut te prendre, je n'ai pas le pouvoir de l'en empcher... Je ne
suis rien, moi!



LUCIENNE

Mais c'est abominable, cela! (Elle clate en sanglots). Je ne veux pas
aller avec lui! Je ne veux pas te quitter, moi, papa.



ROMAGNY, l'attirant contre lui

Ma petite Lucienne... Voyons, ma chrie, ne pleure pas... Il faut tre
bien raisonnable, bien forte, pour ne pas m'enlever mon courage... Et
puis, le dernier mot n'est pas dit. Tu penses bien que je ne vais pas
te laisser partir comme cela. Je vais le prier, le convaincre, essayer
de tous les moyens.



LUCIENNE

Oh, oui! tu vas l'empcher, n'est-ce pas... Il ne faut pas qu'il me
prenne. Qu'est-ce que je ferais sans toi? j'ai l'habitude... je te dis
tout... je me sens vivre  tes cts. Auprs de lui, je serais toute
seule, je le connais  peine: je ne l'ai vu que deux fois  la
pension!... Je n'oserais mme pas lui parler de maman!... Aucun
souvenir qui nous lierait, aucune douleur commune qui nous
rapprocherait... ce serait atroce!



ROMAGNY

Pour moi aussi ce serait dur! Pourtant, si le sacrifice de mes
sentiments devait assurer ton bonheur, je le ferais volontiers...
J'accepterais tout pour que tu sois heureuse! Mais voil: le seras-tu
seulement ensuite?



LUCIENNE

Non, non. Je ne puis tre heureuse loin de toi... Pour moi, tu es mon
vrai papa; celui que toute petite, on m'a appris  aimer et 
respecter; celui qui m'a toujours entoure de soins et comble de
caresses... Te quitter! Ne plus te voir! oh, comme je m'ennuierais!...
(un temps). Ecoute, tu lui diras que je veux rester ici, que maman m'a
confie  toi et qu'elle m'a recommand de t'aimer toujours comme un
pre.



ROMAGNY

Pauvre femme!... Elle ne se doutait gure que sa mort ferait changer si
vite d'attitude Monsieur Villers... Trois mois seulement, qu'elle n'est
plus l et dj il te rclame.



LUCIENNE

Oui, mais tu vas lui crire...



ROMAGNY

Il va venir lui-mme chercher ma rponse.



LUCIENNE

Ici?



ROMAGNY

Oui!



LUCIENNE

Quand?



ROMAGNY

Aujourd'hui... cet aprs-midi  trois heures.



LUCIENNE

Dj!



ROMAGNY

C'est pourquoi je t'en ai parl si tt. Je n'avais pas le temps de
diffrer.



LUCIENNE

Trois heures! mais, alors, c'est tout de suite!



ROMAGNY, consultant sa montre

L'heure approche effectivement.



LUCIENNE

Il nous donne  peine le temps de rflchir... C'est ce matin que tu as
reu sa lettre?



ROMAGNY

Oui. (Il cherche dans sa poche). Tiens, la voici. Lis-la. (Il lui donne
la lettre).



LUCIENNE, lisant

"Monsieur,

"Je dsire reprendre ma fille auprs de moi. Sa mre est morte depuis
trois mois. D'un autre ct, je compte me fixer dfinitivement  Paris;
rien ne m'oblige donc plus  vivre spar de mon enfant. Je me
prsenterai chez vous, demain mardi, vers trois heures.

"Veuillez agrer, etc."



ROMAGNY

Il ne tergiverse pas.



LUCIENNE

Non, c'est net!



ROMAGNY

Il ne semble pas admettre la possibilit que je te dispute  lui.



LUCIENNE

Il est fort de ses droits.



ROMAGNY

Je serai fort de ma tendresse, moi!



LUCIENNE

Et aussi de la mienne... de mon dsir de ne pas te quitter. Ma volont
doit bien compter pour quelque chose... Il faut le lui dire!



ROMAGNY

Oui, oui! je lui dirai tout a... et encore autre chose! Depuis ce
matin, je me suis renseign... je crois savoir  prsent quelle musique
il faut chanter pour plaire  ses oreilles... J'userai de tous les
moyens, sois tranquille! Je ne me rendrai pas facilement.



LUCIENNE

C'est a! ne cdons pas! (Elle coute) On a sonn, je crois.



ROMAGNY

Serait-ce dj lui... il est trois heures, c'est le moment.



(La bonne entre).



SCENE III



LES MEMES, JULIA



JULIA, entrant

Monsieur... c'est un Monsieur.



ROMAGNY

Il a donn son nom?



JULIA

Non, mais il m'a dit que Monsieur devait l'attendre.



ROMAGNY

Bon! Faites entrer... (Julia sort. -- A Lucienne). Et toi, ma fillette,
loigne-toi.



LUCIENNE

Comme je vais tre inquite!... Tu me diras...



ROMAGNY

Je t'appellerai aussitt.



LUCIENNE

Refuse surtout!



ROMAGNY

Oui, oui, Va!



(Elle sort emportant sa corbeille  ouvrage).



SCENE IV



ROMAGNY, puis MAURICE VILLERS



ROMAGNY

Pauvre petite! Jamais je ne pourrai me sparer d'elle...



JULIA,  la cantonade

Oui, oui, Monsieur est seul.



ROMAGNY, se tournant vers la porte

Le voici.



VILLERS, entrant

Monsieur.



ROMAGNY, s'inclinant

Monsieur.



VILLERS

C'est  Monsieur Paul Romagny que j'ai l'honneur de parler.



ROMAGNY

A lui-mme... Monsieur Mauriec Villers sans doute?



VILLERS

Oui, monsieur...



ROMAGNY, dsignant un sige

Veuillez vous asseoir, je vous prie.



VILLERS

Merci. Vous avez reu ma lettre?



ROMAGNY

Oui, ce matin... je vous attendais.



VILLERS

Alors, vous savez...



ROMAGNY

Quelle est votre intention? Parfaitement.



VILLERS

Je veux reprendre ma fille auprs de moi.



ROMAGNY

Vous me l'avez crit, mais...



VILLERS

C'est mon plus vif dsir.



ROMAGNY

J'ai cru le comprendre. Cependant, j'avoue que ce dsir si vite exprim
m'a un peu surpris.



VILLERS, simplement

Pourquoi? C'est tout naturel que je reprenne ma fille puisque sa mre
est morte...

Je dois mme m'excuser auprs de vous d'avoir attendu jusqu' ce jour
pour rgler la situation... J'tais loin, il y a trois mois... en
Egypte. Je n'ai appris la mort de madame Romagny que six semaines aprs
l'vnement. Je me suis mis en route aussitt et me voici... Je suis 
Paris depuis deux jours seulement. Pardonnez-moi donc ce retard
absolument involontaire.



ROMAGNY

Oh, monsieur!



VILLERS

Vous aviez peut-tre pens que je me dsintressais du sort de Lucienne?



ROMAGNY

Je n'ai pas suppos un instant...



VILLERS

Le doute tait possible. Mon silence, mon absence permettaient toutes
les suppositions... Enfin me voici! Il me reste  vous remercier
d'avoir bien voulu garder ma fille jusqu' ce jour.



ROMAGNY

Ne me remerciez pas! Je considre Lucienne comme ma propre fille. Ici,
auprs de moi, elle est chez elle, et elle peut y rester aussi
longtemps qu'il lui plaira.



VILLERS, un peu embarrass

Je suis vivement touch, monsieur...



ROMAGNY, un temps. Changeant de ton

Ainsi vous comptez la reprendre? Votre intention est bien arrte.



VILLERS

Sans doute... C'est tout indiqu! Tant que la mre a vcu, par
dlicatesse, pour racheter quelques-uns des torts que j'ai eus
vis--vis d'elle, j'ai pu accepter de vivre compltement spar de mon
enfant. Mais  prsent, rien ne s'oppose plus  ce que je gote enfin,
aux joies de la paternit.



ROMAGNY

Je comprends vos sentiments. Pourtant, avez-vous rflchi aux
difficults que votre dcision allait soulever?



VILLERS, surpris

Quelles difficults?



ROMAGNY

Lucienne ne vous connat pas.



VILLERS

Elle apprendra  me connatre et j'espre  m'aimer.



ROMAGNY

A son ge, un nouveau visage...



VILLERS

Elle n'est plus une enfant: elle prend seize ans aujourd'hui.
(Gaiement). Je ne pense pas qu'elle voit en moi un croquemitaine
dispos  la dvorer.



ROMAGNY, hochant la tte

Elle a ses habitudes: ce changement va bouleverser sa vie.



VILLERS, un peu tonn

Mon Dieu, je ne vois pas. Elle va tre comme tous les enfants levs
loin de leurs parents. A un certain ge, on les retire de pension. Je
n'ai jamais entendu dire qu'aucun d'eux ait souffert de ce changement
d'habitudes.



ROMAGNY, arpentant la scne

Ce n'est pas tout  fait la mme chose. Il ne s'agit pas pour elle de
quitter une pension troite o l'on touffe entre les murs... C'est le
foyer o elle a t leve, o elle a grandi, c'est la vie large et
facile qu'elle y a trouve, qu'il lui faudra abandonner...
Pardonnez-moi d'entrer dans ces dtails, mais vous devez comprendre...
le bonheur de Lucienne m'oblige  toucher certaines questions...



VILLERS

N'insistez pas, j'ai compris! Vous voulez parler de ma situation
modeste relativement  la vtre.



ROMAGNY

Justement.



VILLERS

Je n'ai jamais fait l'injure  ma fille de croire qu'elle pouvait
rougir de se trouver chez son pre dans une position plus prcaire que
celle o elle a vcu jusqu'ici.



ROMAGNY, vivement

Vous m'avez mal compris. Loin de moi, l'ide d'une pareille
insinuation. Lucienne est trop droite, trop bonne et trop fire pour
ressentir un sentiment aussi bas.



VILLERS

Je l'espre bien.



ROMAGNY

En voquant ce sujet, c'tait  vous,  vos sentiments paternels que je
faisais appel... Avant votre propre satisfaction, vous cherchez surtout
le bonheur de votre fille?



VILLERS

Sans doute.



ROMAGNY

Or, la richesse ne le donne pas toujours mais elle est tout au moins un
puissant auxiliaire.



VILLERS

Ce qui veut dire?



ROMAGNY, appuyant

Que tant que Lucienne vivra au prs de moi, sa situation, son avenir,
seront compltement assurs. (Aprs un temps, changeant de ton) Votre
intention est de la reprendre. Vous voulez qu'elle vive  vos cts,
qu'elle partage votre existence, mais avez-vous rflchi  toutes les
consquences, aux devoirs, aux charges que vous assumiez du mme coup?
En un mot, pouvez-vous lui donner une situation quivalente  celle que
vous allez lui faire perdre.



VILLERS, froiss

Monsieur, cette insistance...



ROMAGNY, vivement

Serait trs indiscrte et trs maladroite s'il ne s'agissait pas du
bonheur de Lucienne. (S'excusant). Avant de commencer, je vous ai pri
de m'excuser si je touchais certains sujets... Il faut bien que nous
envisagions la question sous toutes ses faces... (Le priant). C'est moi
qui ai lev l'enfant, vous ne pouvez me refuser aujourd'hui le droit
de savoir ce qu'elle va devenir?



VILLERS

Soit... Je comprends les sentiments qui vous guident et je veux bien y
faire droit.



ROMAGNY

Eh bien?



VILLERS

Rassurez-vous! ma fille peut me suivre sans inquitude. Je ne la
reprends pas pour la voir souffrir ni pour la rendre malheureuse et
j'espre qu'auprs de moi, elle continuera d'ignorer la gne.



ROMAGNY

Comment ferez-vous? Vous tes sans fortune.



VILLERS, un peu gn

Mais pas compltement... j'ai des ressources.



ROMAGNY

Aucune. Inutile de chercher... Je me suis renseign et je sais quelle
est exactement votre situation... Vous comptiez beaucoup sur vos
chemins de fer gyptiens. Mais vous avez t tromp, vol plutt, comme
vous avez pu vous en rendre compte, vous-mme, en allant l-bas... Pour
sauver votre signature de certaines promiscuits, vous avez d
sacrifier tout ce qui vous restait. Vos terres de Blagny elles-mmes,
sont hypothques pour une somme suprieure  leur relle valeur.



VILLERS, amrement

Vous tes bien renseign!



ROMAGNY

C'est pourquoi je m'tonne que vous cherchiez  reprendre Lucienne...
Le moment pour vous est plutt mal choisi.



VILLERS

Ce n'est pas moi qui ai dirig les vnements... Je regrette que la
mort de madame Romagny corresponde avec les pertes d'argent que je
viens de subir, mais mes droits et mes devoirs de pre n'en sont pas
diminus pour a. (Un temps. Doucement) A mes cts, ma fille ne
manquera de rien. Je me priverai plutt du ncessaire pour satisfaire
tous ses dsirs.



ROMAGNY

Mais son avenir? Avez-vous rflchi  son avenir.



VILLERS

Son avenir?  je l'assurerai.



ROMAGNY

Comment?



VILLERS

Par mon travail.



ROMAGNY, haussant les paules

Travailler! A votre ge! Vous n'avez jamais rien fait!



VILLERS

Parce que ma vie n'avait pas de but, parce que j'tais seul monde
jusqu'ici. (Avec feu) Ah, vous vous tonnez que je veuille reprendre
mon enfant alors que dans ma situation, mes sentiments paternels sont
presque un luxe! Mais ne comprenez-vous donc pas que c'est justement
parce que je suis malheureux qu'il me faut Lucienne. Elle sera ma
richesse comme elle sera tout mon courage et tout mon espoir!...
Travailler pour moi seul? oui, vous avez raison, j'en suis incapable.
(Avec force) Mais travailler pour elle, pour la rendre heureuse, pour
assurer son avenir! Ah, cela c'est autre chose!... Elle sera ma force,
mon but, le talisman qui me donnera le courage de persvrer et de
vaincre, l'aimant qui me guidera vers le succs final.



ROAGNY

Prenez garde de ne trop vous illusionner. Vous courez aprs un mirage,
car ce gain que vous envisagez, cette richesse future que vous esprez
sont tellement problmatiques!... Dans toutes les entreprises on
escompte toujours la russite: il serait beaucoup plus sage de prvoir
le contraire.



VILLERS, un peu ironique

Alors, vous pouvez tout aussi bien redouter pour vous la ruine
matrielle.



ROMAGNY, souriant

Mes chances de misre sont moins grandes que vos chances d'insuccs. La
situation que je ferai  Lucienne si elle reste avec moi, est moins
alatoire que celle que vous comptez lui donner, voyons?



VILLERS

J'en conviens.



ROMAGNY, changeant de ton

Tenez... jouons franchement, cartes sur table. (Un temps) Vous ne
connaissez pas Lucienne... ou si peu! Vous voulez la reprendre parce
que, surtout, vous esprez puiser  ses cts, le courage qui vous
manque pour recommencer tout seul votre vie... (Avec une motion
grandissante) Moi, j'ai lev l'enfant, je l'ai vue grandir, pendant
treize ans, j'ai vcu de sa vie, formant son intelligence et ptrissant
son coeur. Je l'aime autant que si elle tait vraiment ma fille. La
pense de la perdre me cause un dchirement profond. Ce m'est atroce de
songer que je puis cesser de la voir... Je ne sais si vous comprenez
tout mon affolement. Vous avez vcu seul, vous ignorez ce que c'est que
d'avoir toujours eu un tre chri auprs de soi... Mais moi!... (il
regarde le portrait tristement) En trois mois, perdre la mre, perdre
l'enfant... C'est ma vie compltement brise.



VILLERS, gn du dsespoir qu'il cause

Vous saviez bien que Lucienne n'tait pas rellement votre fille...
vous n'ignoriez pas mon existence... ce qui arrive aujourd'hui tait
prvu.



ROMAGNY, mme air

Non, je n'avais pas prvu!... Votre long silence... vous vous tes si
peu occup de Lucienne jusque-l... J'avais fini par vous oublier...
(Un temps. S'animant) Mais, voyons! il doit y avoir un moyen... Je suis
riche, trs riche! Outre le bonheur de votre fille, je puis aussi faire
le vtre... Votre fortune est compromise, je puis vous fournir les
moyens de la rtablir et vous assurer une nouvelle existence sans
soucis matriels.



VILLERS, sans comprendre

M'assurer une nouvelle existence?



ROMAGNY, fbrilement

Oui, vous faire riche, tout de suite... un chque... cent mille francs!
Deux cent mille francs, tenez! Avec cette somme, vous payez vos
cranciers et vous vous remettez  flot. C'est la vie large et facile,
 la minute mme, comprenez bien!... C'est plus sr que votre travail
cela! (Il va  son bureau, prend un carnet de chques dans un tiroir et
vivement, en griffonne une page). Vous acceptez, n'est-ce pas?...
(Villers le regarde agir sans rpondre) Deux cent mille francs. Il vous
faudrait plusieurs annes pour gagner cette somme en admettant que vous
russissiez... (cessant d'crire) Tenez, c'est fait!... (Il revient
vers Villers) Vous n'avez plus qu' me signer un reu... Lisez...



(Villers lit, puis fixe longuement Romagny).



VILLERS, trs calme

Vous voulez?... Quoi?...



ROMAGNY, nettement

Je veux garder Lucienne.



VILLERS

Et moi?



ROMAGNY, avec brusquerie

Vous aurez les deux cent mille francs, vous! C'est bien pay, il me
semble!



VILLERS, secoue lentement la tte, puis dpose le chque sur le
guridon.

Simplement.

Votre chagrin vous gare, monsieur; autrement, je m'expliquerais mal
votre offre injurieuse.



ROMAGNY, dcontenanc

Vous refuser?... Comment!... C'est la fortune que je vous donne.



VILLERS, sourire hautain

Je ne vous demande que ma fille.



ROMAGNY, suppliant

Mais puisque pour moi, elle est tout... que vous ne la connaissez pas,
vous!



VILLERS

Je n'en suis pas moins son pre.



ROMAGNY, s'nervant

Vous ne l'aimez pas comme moi!



VILLERS, vivement

Qu'est-ce qui vous fait croire que je n'aime pas mon enfant?



ROMAGNY, mme ton

Votre indiffrence depuis treize ans.



VILLERS, calme

Je vous ai dj donn les motifs qui ont dict ma conduite jusqu' ce
jour.

Faut-il vous les rpter?



ROMAGNY, avec rage

Comment vous croire, avec la vie que vous avez toujours mene!



VILLERS, froidement

Je pourrais vous rpondre, monsieur, que ma conduite passe ne regarde
que moi. Mais tout  l'heure, comme beau-pre de Lucienne, je vous ai
reconnu certains droits. Je prendrai donc la peine, sinon de me
disculper, du moins de remettre les choses au point. (S'chauffant)
Parce que j'ai men jusqu'ici une vie joyeuse de plaisirs, de ftes,
d'aventures, parce qu'en un mot, j'ai fait la noce, pour me servir de
l'expression courante, s'ensuit-il que je sois incapable de ressentir
les mmes sentiments qu'un autre mortel plus sage et plus calme que
moi?... d'aprs vous, le rire exclurait les larmes, le bonheur
ignorerait l'inquitude et les soirs de folies ne seraient jamais
suivis d'amertumes matinales! A l'homme rang, seulement, les
sensations du coeur et le pouvoir d'aimer; aux autres, la froideur, la
scheresse et l'indiffrence, alors!!... (plus doucement) Non,
l'humanit n'est pas si complique que a: elle pleure quand elle
souffre, elle rit quand elle est heureuse. Dans tous les coeurs, il y a
place pour ces deux sentiments: la joie et la tristesse, qu'on soit
lger, volage, srieux ou grave. (Un temps. Il rflchit, puis a un
rire nerveux) Ah! ah! j'ignore ce que c'est que d'avoir eu toujours un
tre chri auprs de moi! Mais vous, monsieur, avez-vous connu la
tristesse de la solitude?



ROMAGNY, amrement

Je vais l'apprendre si vous m'enlevez Lucienne.



VILLERS

Vous ignorerez quand mme l'intime et indicible mlancolie de ceux dont
le foyer a t bris par leur faute, de ceux qui, aprs avoir connu les
joies de la famille, sentent le vide de l'abandon moral autour d'eux...
(Avec ironie et avec tristesse) On est jeune et le plus souvent
orgueilleux; on ne veut pas avouer sa souffrance, et pour la cacher ou
ne pas la sentir, on rit, on joue, on fait la noce... comme moi!... La
pente est dangereuse quand aucune main amie n'est l pour vous
retenir... Ca va vite! On commence pour s'tourdir, pour oublier, et
c'est par faiblesse qu'on continue... Mais la nature ne perd pas ses
droits pour a et le moi intrieur n'en est pas mouss au point de
rester neutre lorsqu'il s'agit de son enfant, de sa race... (Emu, 
mi-voix) Sous le sourire railleur du blas, se cache une me qui se
souvient, qui pense... et quand on a quitt le masque, de commande, que
nul tmoin ne nous observe, on soupire, on regrette et parfois, on
pleure... (Aprs un temps, il reprend le chque, le froisse lgrement,
puis le rejette. Assez brusquement:) Comment avez-vous os m'offrir de
l'argent pour que j'abdique mes droits de pre, pour que je renonce 
la douceur d'tre aim de ma fille?



ROMAGNY, embarrass

J'esprais... Je ne m'attendais pas  votre rvolte paternelle...



VILLERS, avec force

Parce que je suis ruin vous me supposiez capable de toutes les
bassesses!



ROMAGNY

Non, non! ne croyez pas!... Ce n'est pas a... (tristement) Si vous
saviez combien j'aime Lucienne! Pour la conserver prs de moi, il me
semblait que tous les moyens taient bons... Vous m'auriez demand la
moiti de ma fortune, je vous l'aurais donne... (Il s'accoude la tte
dans ses mains) Vous venez de m'enlever mon dernier espoir... Ne plus
voir ma fille autour de moi!... aprs treize ans!... Pauvre petite...
comme elle va pleurer...



VILLERS, inquiet

Lucienne va pleurer?



ROMAGNY

Hlas!



VILLERS

Sait-elle que je veux la reprendre avec moi?



ROMAGNY

Oui. Je le lui ai appris.



VILLERS, hsitant

Alors... que dit-elle?



ROMAGNY

Elle ne veut pas (vivement) Elle ne nous connat pas, c'est un peu
naturel.



VILLERS, amrement

Je lui fais peur... A ses yeux, je suis un tranger qui veut troubler
sa vie.



ROMAGNY

Mon Dieu!... Il ne faut pas lui en vouloir. Elle ne m'a jamais quitt,
n'est-ce pas...



VILLERS, rflchissant

Elle va pleurer... Je ne voulais pas la faire pleurer... Pourtant.



ROMAGNY

Voulez-vous la voir?



VILLERS

Volontiers.



ROMAGNY

Vous pourrez lui expliquer...



VILLERS

Lui expliquer?... Non! C'est vous qui lui parlerez... je prfre.



ROMAGNY

Qu'est-ce que je lui dirai?



VILLERS

Vous lui direz.. que... (Il rflchit, puis tristement:) Tenez, vous
lui direz que je la laisse libre. C'est elle qui choisira entre nous
deux.



ROMAGNY, joyeusement

Oh, merci!... Je n'osais pas vous le demander, mais il faut bien que la
volont de la petite compte un peu pour quelque chose. (il sonne).



VILLERS, soupirant

Votre joie me fait pressentir ma dfaite.





ROMAGNY, gravement

Je vous donne ma parole, monsieur, que je ne vais pas influencer
Lucienne... Avant votre arrive, je lui ai dit seulement mon vif dsir
de ne pas me sparer d'elle, mais le choix qu'elle va faire tout 
l'heure, sera librement consenti. Je vous l'affirme.




VILLERS

Je vous crois.



(La bonne entre).



SCENE V



LES MEMES, JULIA



JULIA

Monsieur a sonn?



ROMAGNY

Priez mademoiselle de venir ici.



JULIA

Bien, monsieur.

(Elle sort).



SCENE VI



VILLERS, ROMAGNY, puis LUCIENNE



(Jusqu' l'arrive de Lucienne, les deux hommes gardent le silence).



VILLERS, entendant des pas

La voici. (Il va s'accouder  la chemine).



ROMAGNY

Oui.



(Lucienne entre. Elle s'arrte gne prs de la porte aprs avoir salu
Villers).



LUCIENNE,  Romagny

Vous me demandez, mon pre?



ROMAGNY

Oui, ma chrie. Approche, l, prs de moi... (Un temps. Lucienne
s'avance vers lui. Lentement et avec motion:) Je t'ai fait connatre
tantt la situation telle qu'elle se prsente aujourd'hui pour nous
tous. Ton pre dsire te reprendre avec lui... Tu sais que s'il ne
tenait qu' moi, je te garderais toujours ici... mais je ne suis que
ton beau-pre, moi! Monsieur Villers est ton pre, ton vrai pre! Il
t'aime et il souffre d'tre spar de toi. (Lucienne pleure
silencieusement) Cependant, il ne veut pas user de ses droits pour
contraindre ta volont. Il te laisse le droit de choisir entre lui et
moi... Rflchis bien, Lucienne. La minute est grave... Tous les deux
nous t'aimons vraiment, chacun pour des raisons personnelles... Mais
moi, je ne suis presque rien! L'affection et l'habitude m'unissent
seulement  toi... Tandis que lui! (Chaleureusement) Lui, c'est ton
sang, c'est ta race, c'est l'hrdit, l'atavisme, c'est tout, quoi!...
(Un temps) Eh bien? Nous attendons, Lucienne?... Que dcides-tu?



(Villers coute avec angoisse).



LUCIENNE, clatant en sanglots

Je ne veux pas te quitter, moi, papa!



ROMAGNY, faiblement

Ma petite Lucienne! Je sais bien... Mais ton pre! Regarde-le... Il
souffre!



LUCIENNE, se serrant contre lui

Je ne veux pas te quitter. Non! non!



VILLERS, aprs un silence pnible

Ne pleurez pas, Lucienne. Je ne suis pas venu vers vous pour vous faire
de la peine... Votre dsir est un ordre pour moi... Restez auprs de
votre... pre. Moi, je vais partir.



ROMAGNY, se levant vivement

Monsieur, je...



VILLERS, l'interrompant d'un geste

Non! ne vous excusez pas... J'aurais d prvoir... C'est si naturel!
(Il prend son chapeau). Adieu!



(Comme il se dirige vers la porte, Lucienne a un geste pour le retenir.
Un sanglot convulsif souligne son geste).



ROMAGNY, boulevers

C'est terrible! ( Villers) Ne partez pas comme a. Ce n'est pas
possible!... Vous allez tre trs malheureux... (Il regarde le portrait
et hsite) Avant, a n'aurait pas t possible... mais aujourd'hui!...
Ce n'est qu'un prjug  vaincre... (A Villers). J'ai besoin d'un
associ, soyez-le. Restez. Voulez-vous?... Notre fille aura deux pres.



LUCIENNE,  travers ses larmes

Oh, oui! (Elle a un lan vers Villers comme pour le supplier
d'accepter).



VILLERS

Rester?... moi?



ROMAGNY

Oui: demeurez ici, avec nous.



LUCIENNE

Oh, oui!



VILLERS

Rester? Oh non! ce n'est pas possible!



LUCIENNE

Oh!



ROMAGNY

Pourquoi?



VILLERS

Parce que... demain... plus tard... vous regretteriez la gnreuse
proposition que la piti vous arrache en ce moment.



ROMAGNY

Mais non!



VILLERS

Si. Entre nous, il y a un pass que nous ne pouvons abolir ni l'un ni
l'autre et qui se dressera toujours pour nous sparer.



ROMAGNY

Nous avons de la volont...



VILLERS, l'interrompant

Oh! il ne suffit pas de vouloir pour ne pas penser...



ROMAGNY

Lucienne serait l pour nous rapprocher.



LUCIENNE

Oui...



VILLERS

Au contraire, c'est sa prsence qui nous rappellerait sans cesse ce que
nous voudrions oublier... Ce sont ses baisers et ses caresses dont nous
deviendrions jaloux... Ce sont surtout les souvenirs intimes qu'elle
veillerait en nous que nous nous reprocherions mutuellement au point
d'en prouver de la haine l'un pour l'autre.



ROMAGNY

Mais alors?



VILLERS

Je vais m'loigner.



LUCIENNE

Oh!



ROMAGNY

L'enfant vous appartient autant... plus qu' moi...



VILLERS

Non... elle est  vous surtout.



ROMAGNY

Mais...



VILLERS

Elle est  vous plus qu' moi, oui!... Je comprends bien  prsent...
Je lui ai donn la vie, c'est vrai, mais c'est vous qui m'avez remplac
auprs d'elle. C'est vous qui avez assum la tche de l'lever. Vous
avez rempli envers elle tous les devoirs que j'aurais d accomplir...
Aujourd'hui, l'enfant vous prfre  moi, c'est tout naturel... c'est
son droit, c'est mme son devoir... Je recueille maintenant le fruit de
ma ngligence et de mon indiffrence... (avec force) Un homme ne
devrait jamais oublier qu'il est pre ni momentanment abdiquer ses
droits au profit d'un autre.



ROMAGNY

Il y avait le divorce.



VILLERS

Le divorce n'est pas en cause. Le divorce spare l'homme et la femme,
le pre et la mre, mais il ne diminue pas les devoirs de ceux-ci
vis--vis de leurs enfants... leurs charges restent les mmes... Pour
l'avoir oubli ou pour ne pas y avoir pens plus tt, je paye
cruellement aujourd'hui mon erreur... Enfin! le chtiment doit
atteindre le coupable... Gardez l'enfant! C'est  moi de me priver de
ses baisers et de ses caresses.



LUCIENNE,  Villers

Mon pre.



VILLERS, la regarde et va vers elle.

Merci, Lucienne... merci de ce cri-l. (Il l'embrasse longuement)
Adieu! (Il se dgage et sort brusquement pour cacher son motion).



LUCIENNE

Oh! (Elle tombe assise sur un canap et pleure la tte dans ses mains).



ROMAGNY, l'examine un moment avec tristesse, puis  mi-voix Lucienne...



(Elle le regarde, se lve, se jette dans ses bras. Le rideau tombe
lentement pendant qu'elle continue de pleurer sur l'paule de Romagny).



FIN





Grande Imp du Centre -- Herbin, Montluon.







End of the Project Gutenberg EBook of Paternit, by Max du Veuzit

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PATERNIT ***

***** This file should be named 27626-8.txt or 27626-8.zip *****
This and all associated files of various formats will be found in:
        http://www.gutenberg.org/2/7/6/2/27626/

Produced by Daniel Fromont

Updated editions will replace the previous one--the old editions
will be renamed.

Creating the works from public domain print editions means that no
one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
(and you!) can copy and distribute it in the United States without
permission and without paying copyright royalties.  Special rules,
set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark.  Project
Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
charge for the eBooks, unless you receive specific permission.  If you
do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
rules is very easy.  You may use this eBook for nearly any purpose
such as creation of derivative works, reports, performances and
research.  They may be modified and printed and given away--you may do
practically ANYTHING with public domain eBooks.  Redistribution is
subject to the trademark license, especially commercial
redistribution.



*** START: FULL LICENSE ***

THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK

To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
distribution of electronic works, by using or distributing this work
(or any other work associated in any way with the phrase "Project
Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
Gutenberg-tm License (available with this file or online at
http://gutenberg.net/license).


Section 1.  General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
electronic works

1.A.  By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
and accept all the terms of this license and intellectual property
(trademark/copyright) agreement.  If you do not agree to abide by all
the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.

1.B.  "Project Gutenberg" is a registered trademark.  It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement.  There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement.  See
paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
works.  See paragraph 1.E below.

1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
the copyright status of any work in any country outside the United
States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
copied or distributed:

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.net

1.E.2.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
1.E.9.

1.E.3.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
terms imposed by the copyright holder.  Additional terms will be linked
to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
permission of the copyright holder found at the beginning of this work.

1.E.4.  Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5.  Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6.  You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
word processing or hypertext form.  However, if you provide access to or
distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.net),
you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
form.  Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7.  Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.8.  You may charge a reasonable fee for copies of or providing
access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
that

- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
     the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
     you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
     does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
     License.  You must require such a user to return or
     destroy all copies of the works possessed in a physical medium
     and discontinue all use of and all access to other copies of
     Project Gutenberg-tm works.

- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

- You comply with all other terms of this agreement for free
     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.net

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
